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Addictions - Rubrique Stupéfiants




FAQ Substitution aux opiacés



Présentation :

Cette page présente la Foire Aux Questions (les questions les plus fréquemment posées par le public) sur la Substitution aux opiacés[1]. Si vous avez d'autres questions sur ce sujet dont vous souhaitez la réponse, envoyez-nous un message.




Puce violette Comment agit l'héroïne ?

On a souvent tendance à dire que la dépendance c'est psychologique et qu'avec de la volonté on peut arriver à décrocher. C'est en partie vrai mais c'est en même temps plus compliqué. Les mécanismes qui régissent notre psychologie correspondent à des fonctionnements cérébraux excessivement complexes, intriqués et très difficiles à comprendre.

Le cerveau possède des cellumes et des récepteurs sur lesquels se fixent un certain nombre de substances. Celles-ci sont secrétées par notre organisme et assurent le bon fonctionnement de tous les systèmes de notre corps et de notre cerveau.

L'héroïne se fixe sur un certain nombre de ces récepteurs et provoque une réaction très puissante et très brève. Contrairement aux substances naturelles, elle entraîne des dérèglements importants à l'origine de graves troubles du comportement.

Si on répète la consommation d'héroïne, au fur et à mesure du temps, les récepteurs ne peuvent plus réagir normalement, ils deviennent insensibles et provoquent des réactions en chaîne pour compenser les effets biologiques de l'héroïne.




Puce violette Comment devient-on dépendant ?

Au bout d'un certain temps, se développe un phénomène de tolérance. Cela veut dire que les effets diminuent et qu'il faut augmenter la fréquence des prises de drogue. En même temps, s'installe le phénomène de la dépendance qui se traduit par une envie impossible à réprimer, pour calmer le manque de drogue.

Au début ce sont les effets positifs de l'héroïne qui sont ressentis : un étét second, euphorique, un sentiment de liberté, de bien-être, de puissance ou de soulagement... Puis un jour, le besoin de drogue et le syndrome de manque sont devenus constants, entraînant dans la galère. Tous les symptômes ressentis (sueurs, larmoiement, écoulement nasal, tremblements, crampes, douleurs, nausées, vomissements, diarrhées, angoisse, nervosité, insomnie) sont témoins que l'organisme est devenu dépendant de la drogue.

De plus, les effets de la drogue ainsi que tous les gestes répétés sont mémorisés comme des automatismes. Cette perte de contrôle témoigne d'un dérèglement important qui explique pourquoi le sevrage n'est pas facile lorsque la dépendance s'est installée.




Puce violette Pourquoi l'évolution de chacun est-elle différente ?

Les conséquences de la prise d'héroïne sont différentes selon chacun, certains devenant plus vite dépendants que d'autres.

Les raisons sont très complexes et dues à de nombreux éléments psychologiques, sociaux, physiques, génétiques comme pour beaucoup d'autres maladies.

Les effets des drogues sont différents et répondent probablement à des états psychiques différents qui expliquent la consommation de tel ou tel produit. Mais il faut savoir que lorsqu'on est dépendant à l'héroïne, on peut aussi devenir dépendant plus facilement à d'autres drogues, à certains médicaments, au tabac ou à l'alcool.




Puce violette Qu'est-ce qu'un traitement de substitution ?

En médecine, le mot "substitution" correspond au fait que le traitement supprime le déficit d'une hormone ou d'une substance que l'organisme synthétise normalement.

Il existe beaucoup d'exemples de traitements substitutifs en endocrinologie, en gynécologie, en diabétologie, etc... On dit alors que le niveau de l'hormone n'est pas suffisant ou inexistant. On prescrit alors un médicament qu'on adapte en fonction des effets cliniques, qui sont physiques et psychiques.

Actuellement dans le cadre des stupéfiants, la substitution ne concerne que les opiacés (héroïne, Néo Codion®), le traitement de substitution applique le même principe : il utilise un médicament de la même classe que l'héroïne, c'est-à-dire un morphinique, mais qui a en même temps des effets opposés. Contrairement à l'héroïne qui est très puissante avec un effet de courte durée d'action, le médicament de substitution permet :

  • de supprimer les effets de montée et de descente et de réduire les dérèglements dus à ces variations brutales et répétées,
  • de stopper le cercle vicieux en réduisant le phénomène de dépendance et l'envie de drogue.

Ainsi il supprime le manque, normalise le comportement et permet de se déshabituer progressivement des effets aigus toxiques de l'héroïne. Ceci permet de passer de la prise anarchique de drogue à une prise régulière, selon les modalités prescrites.




Puce violette Le traitement de substitution permet-il d'arrêter définitivement la drogue ?

Il faut insister sur plusieurs points pour répondre à cette question :

  • Chaque toxicomane est différent et a développé une dépendance de différente intensité.
  • En fonction des aspects personnels de la toxicomanie, le traitement sera plus ou moins long. Lorsque la toxicomanie dure longtemps, le traitement est généralement prolongé.
  • Le traitement de substitution a pour but d'arrêter de consommer de la drogue et permet aussi de se soigner sur le plan physique et d'aborder ses problèmes psychiques.
  • Le problème important à traiter est la répétition du geste de l'injection qui fait partie de la dépendance, profondément mémorisé dans la vie de chaque jour.
  • La dépendance ayant eu une emprise totale sur le fonctionnement cérébral, il faut réapprendre à vivre mentalement et socialement sans la drogue.

Le traitement de substitution permet d'arrêter la drogue ainsi que les injections mais le but est d'arrêter de façon durable sans risque de rechute. Il faut donc se donner le temps de refonctionner normalement et accepter de réfléchir sur les raisons de sa toxicomanie. Il faut accepter une aide médicale et psychologique.




Puce violette Comment un traitement de substitution est-il efficace ?

Un traitement efficace comporte certaines règles qui sont en rapport avec le médicament et la façon d'être suivi.

  • Le médicament :
    Comme pour tout traitement, un médicament est efficace si on applique certaines règles de dose, de voie d'absorption et de rythme de prise.
    Elles sont déterminées par des études qui démontrent l'efficacité sur un grand nombre de personnes.
    La majorité des toxicomanes à l'héroïne arrêtent ainsi leur consommation de drogue et acceptent le traitement avec une amélioration de leur état général.

  • Le suivi clinique et psychologique :
    Il est très important que la personne soit suivie par un médecin car :
    • Le traitement doit être adapté selon le niveau de dépendance et selon la réaction au traitement.
    • Les conséquences et les risques engendrés par la toxicomanie peuvent alors être prévenus, traités et suivis.
    • Enfin, l'amélioration affective, sociale et professionnelle est l'objectif essentiel de cette démarche.

Le traitement de substitution constitue un support et une protection pour reconsolider votre vie.




Puce violette Quelles sont les différences entre la méthadone et la buprénorphine ?

Les 2 médicaments ont une action qui dure pendant 24 heures, à condition d'être pris correctement et à dose suffisante, mais ils agissent différemment :

  • La méthadone donne des effets équivalents à la morphine, possède un effet lent et une durée d'action prolongée. La dose de méthadone doit être prise rigoureusement. Il ne faut pas prendre en même temps d'autres médicaments morphiniques car les effets peuvent soit s'additionner avec un risque de surdosage soit donner des effets secondaires.

  • La buprénorphine (Subutex®) est moins euphorisante que la méthadone. Elle se fixe de façon stable sur les récepteurs et empêche les effets de l'héroïne et des autres morphiniques. Elle ne donne pas d'effet euphorique et sédatif même à dose élevée et le risque de surdosage est très limité lorsque la buprénorphine est utilisée seule et correctement.



Puce violette Quelles sont les conditions de prescription ?

Le cadre de prescription des traitements de substitution a été défini par le Ministère de la Santé.

  • Pour la buprénorphine (Subutex®), le médecin doit utiliser une ordonnance sécurisée et noter les coordonnées du patient, son âge et son adresse. Il est conseillé d'indiquer également l'adresse du pharmacien. La délivrance peut être effectuée quotidiennement par le pharmacien au début du traitement si cela est précisé dans la prescription. Il est conseillé de faire une prescription chaque semaine au début, la durée de la prescription peut ensuite être augmentée et aller jusqu'à 4 semaines maximum (28 jours). La délivrance chez le pharmacien a lieu chaque semaine, sauf si le médecin a précisé d'autres modalités.

  • Pour la méthadone, le médecin doit également utiliser une ordonnance sécurisée et noter les coordonnées du patient, son âge, son adresse, ainsi que l'adresse du pharmacien. La première prescription doit être fait par un médecin hospitalier ou un Centre spécialisé de soins aux toxicomanes, le renouvellement peut ensuite être prescrit par tout médecin. La délivrance peut être effectuée quotidiennement par le pharmacien au début du traitement si cela est précisé dans la prescription ; elle a ensuite lieu chaque semaine. La prescription du médecin peut aller jusqu'à 2 semaines maximum (14 jours).



Puce violette Quels sont les médecins qui prescrivent les traitements de substitution ?

Tout médecin peut prescrire un médicament de substitution mais, comme dans tous les domaines de la médecine, les praticiens sont orientés vers des spécialités différentes du fait de leur expérience.

Les circulaires qui définissent le cadre de prescription des traitements de substitution indiquent les modalités de prise en charge au sein d'un réseau de professionnels de la santé comprenant des médecins généralistes, des pharmaciens d'officine, les centres spécialisés aux soins de toxicomanes, et un centre hospitalier.

Les médecins qui suivent des toxicomanes collaborent donc avec d'autres confrères, des psychiatres, des psychologues, des médecins hospitaliers, des travailleurs sociaux, afin de mieux soutenir et accompagner les personnes dans leur démarche et de leur donner les conseils appropriés à leurs problèmes.

Les centres ou les services hospitaliers spécialisés dans les questions de dépendance proposent aussi d'autres traitements et prises en charge.

Ces médecins, en ville, en centre ou à l'hôpital, sont en relation avec les pharmaciens d'officine pour que ceux-ci soient au courant du traitement prescrit afin de mieux conseiller et soutenir les personnes.




Puce violette Quel est le rôle du pharmacien ?

Le pharmacien régulièrement la personne sous traitement de substitution. Il n'a pas uniquement comme rôle de délivrer les médicaments.Il connait tous les médicaments, donne des conseils et répond aux questions.

Les modalités de prescription, de suivi et de délivrance du traitement de substitution par le médecin et le pharmacien suivent les recommandations définies par le Ministère de la Santé.

Au début du traitement, le toxicomane peut indiquer à son médecin le pharmacien qu'il connait, afin que le médecin se mette en relation avec lui pour lui expliquer les modalités du traitement prescrit. Si la personne ne sait pas chez quel pharmacien aller, le médecin pourra donner les coordonnées d'une officine. En venant chercher le traitement (parfois chaque jour au début), le pharmacien est d'une grande aide pour passer le cap parfois un peu angoissant du changement. Venir régulièrement pendant les premières semaines est important dans cette première phase afin de supprimer la prise répétée de drogue.

Le pharmacien peut conseiller la personne et répondre à ses questions sur les traitements prescrits.




Puce violette Pourquoi être suivi par un psychothérapeute ?

Les problèmes de toxicomanie sont le plus souvent liés à des problèmes psychologiques dont on n'a pas pris conscience ou qu'on a refusé d'admettre et que la drogue a permis d'oublier ou de masquer. Chacun a une histoire personnelle.

Par ailleurs la dépendance entraîne une négligence de la dépression ou des troubles psychiques qui s'aggravent pendant les années de consommation de drogue.

Le médecin traitant pourra orienter la personne vers un confrère en fonction de son histoire et de ses problèmes. Comme pour traiter une dépression, le médicament est un soutien fondamental mais l'expression de ce qu'on a vécu permet surtout de mieux progresser dans l'avenir face à ses problèmes.




Puce violette Combien de temps dure le traitement de substitution ?

Le temps qui est nécessaire à chaque personne.

Il n'existe pas de délai standard : certaines personnes pourront diminuer puis arrêter au bout de quelques mois, d'autres suivront le traitement plus longtemps, parfois pendant plusieurs années.

Il existe de nombreuses situations, pour des raisons médicales ou psychologiques, qui nécessitent de prendre un traitement de façon durable.




Puce violette Que faut-il pour qu'un traitement de substitution soit efficace ?
  1. Ne pas arrêter le traitement pour voir si on est encore tenté par la drogue alors que le médecin pense que la personne est encore fragile.
  2. Ne pas céder à la pression de quelqu'un de son entourage qui dit à la personne qu'elle continue à se droguer, ce qui n'est pas vrai.
  3. Si un évènement survient et déstabilise, le médecin est là pour aider. Si la personne a des problèmes d'ordre administratif, juridique ou professionnel, les structures d'aide sociale conseilleront la personne et l'aideront à démêler sa situation.
  4. En cas d'effets secondaires, il faut en parler à son médecin et lui décrire ce qu'on ressent. Ces troubles peuvent être dus au médicament ou à autre chose que le médecin peut diagnostiquer.
  5. Si le médecin oriente la personne vers un thérapeute ou un spécialiste, ce n'est pas pour se décharger des problèmes, mais pour que le savoir-faire d'un autre médecin puisse aider la personne à avancer ou pour traiter un problème spécifique.
  6. Si le pharmacien interroge la personne, il ne faut pas avoir peur de dialoguer avec lui, il sera de bon conseil sur les médicaments utilisés, car souvent la personne s'automédique avec des produits qui ne sont pas nécessaires et dont elle ne connait pas tous les effets.
  7. Si la personne est hospitalisée, quelle qu'en soit la raison, elle doit informer le médecin hospitalier de son traitement et communiquer les coordonnées du médecin de ville qui la suit habituellement.
  8. Ne pas donner son médicament à un ami toxicomane en pensant l'aider, parce qu'il est dans une situation qui est différente.Il faut lui conseiller, à son tour, d'aller voir un médecin et lui expliquer pourquoi c'est nécessaire.

Référence :

  1. Cette page s'inspire de la brochure "Informations sur les traitements de substitution" réalisée par les Laboratoires Schering-Plough. Retour


Mots clés :

Dépendance, addiction, drogue, toxicomanie, héroïne, substitution, buprénorphine, méthadone.


Page rédigée par :

Dr Alain Sichel

Dernière mise à jour :

08.07.2004


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