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Approche thématique
Rubrique Réseaux santé




Un Réseau pour quoi faire ?



Présentation :

Cette page présente un document sur l'historique et le rôle des Réseaux de santé (ce texte a été écrit par un Réseau Ville-Hôpital SIDA, cet exemple est également valable pour des Réseaux intervenant sur d'autres thèmes).





La situation avant les réseaux :

En France, en juin 1997, le nombre de cas de SIDA déclarés depuis le début de l'épidémie était d'environ 55 000 et le nombre de personnes séropositives pour le VIH était estimé entre 100 000 et 130 000 (dont près de 50 % en Ile de France).

On assiste à une augmentation régulière du nombre des personnes suivies et traitées. Cela s'explique par les données épidémiologiques, les indications thérapeutiques plus précoces et la prolongation des temps de vie. La conséquence est une charge lourde pour les finances des hôpitaux, ainsi que pour les praticiens hospitaliers et ce, malgré l'effort porté sur les structures ambulatoires (hôpitaux de jour, consultations, hospitalisation à domicile).

D'où l'idée de plus en plus exprimée de l'indispensable collaboration de l'hôpital avec les autres acteurs de santé : les médecins de ville, les paramédicaux, les travailleurs psychosociaux et le secteur associatif.

Or, qu'en était-il de la prise en charge extra-hospitalière des patients infectés par le VIH avant la mise en place des Réseaux Ville-Hôpital ?

Dans la plupart des cas elle se résumait à un suivi en "pointillé" des patients débutant avec le dépistage et l'annonce de la séropositivité en ville, presque toujours suivi d'une prise en charge hospitalière, le retour à la médecine de ville se faisant quelques années plus tard par le biais d'une HAD (Hospitalisation A Domicile) par exemple.



Les causes de cette rupture dans le suivi des soins étaient multiples :

  1. l'absence de formation spécifique des médecins de ville, souvent isolés et incertains quant aux relais possibles notamment dans le domaine psychosocial.

  2. le désir légitime des patients d'être pris en charge le plus tôt possible dans un service hospitalier afin de bénéficier de médicaments pas encore commercialisés et des compétences des praticiens hospitaliers spécialisés, certains d'entre eux étant littéralement "starisés" par les médias.

  3. l'insuffisance d'une réelle communication entre l'hôpital et les professionnels de santé de ville.

  4. les traitements et les essais cliniques réservés à l'hôpital.

  5. le manque réel de confiance des médecins hospitaliers vis-à-vis de leurs confrères de ville qui était très lié au manque de formation de ces derniers.

  6. l'absence de conséquence visible sur la santé pendant les premières années d'évolution.

Cette rupture dans le suivi des soins entre l'hôpital et la villeétait anormale, coûteuse et devait être combattue :

  • les patients infectés par le VIH doivent pouvoir, comme les autres, être pris en charge de façon globale (médicale, sociale, psychologique) et continue (du dépistage de la séropositivité au stade terminal s'il y a lieu).

  • leur maladie est chronique et il faut donc assurer un suivi de traitement tout en ménageant la qualité de la vie, l'activité sociale et professionnelle.

  • la plus grande partie de ce suivi est réalisable en ville quand il peut y avoir étroite collaboration avec les spécialistes hospitaliers.

  • il est indispensable d'harmoniserr les réponses médicales face au patient.

  • l'amélioration des conditions du maintien à domicile adapté offre le double avantage de la meilleure qualité de la vie pour le patient et du moindre coût pour la collectivité.

De ces réflexions ont naturellement découlé les principes et objectifs des Réseaux Ville-Hôpital.



Objectifs généraux :

1) Améliorer la prise en charge globale et continue des patients infectés par le virus VIH. (C'est à dire, améliorer l'accès aux soins ainsi que la qualité de la filière de soins pour permettre un accord cohérent, centré sur l'intérêt du patient, prenant en compte la dimension sociale, familiale, psychologique et professionnelle de sa maladie et ce tout au long de son évolution).

 Le Réseau :
  • permet une action décentralisée efficace,
  • contribue à faciliter l'accès aux soins des plus démunis et le retour à l'autonomie,
  • participe à la promotion de la santé.

2) En créant les conditions d'un véritable partenariat diagnostique et thérapeutique (au sens large du terme) entre les médecins spécialisés de l'hôpital de proximité (pour nous, l'Hôpital André Mignot) et les partenaires de ville médicaux, paramédicaux et psychosociaux motivés du secteur géographique. Les échanges lors des réunions ou des sessions de formation, la connaissance des conditions d'exercice et des missions de chacun, facilitent les relations entre les différents professionnels.

3) Ces conditions étant principalement :

pour les partenaires de ville :
  • leur formation et information
  • l'amélioration de la communication entre eux et l'hôpital
  • la facilitation et la valorisation de leur travail
  • la rupture de leur isolement

pour les partenaires hospitaliers :

  • la reconnaissance des potentialités professionnelles de ville pour la prise en charge de leurs patients.

4) L'action du Réseau inclut également la participation à des actions de prévention et/ou d'information, et à des travaux d'épidémiologie et de recherche.



Ce que le réseau apporte :


1) Pour le Médecin généraliste
le Réseau peut aider à :
  • trouver des médecins spécialistes prêts à répondre aux problèmes de diagnostic et de traitement qu'il se pose dans sa pratique quotidienne
  • trouver des lits où il pourra hospitaliser ses patients dans des conditions optimales
  • trouver des personnes compétentes en matière de maintien à domicile des patients, même isolés
  • assurer sa formation continue.
2) Pour le médecin hospitalier le Réseau peut aider à :
  • assurer un retour à domicile plus rapide de ses patients dans les meilleures conditions
  • avoir accès à des Services d'aide à domicile quand ils existent
  • être en relation avec des professionnels de santé compétents et proches du domicile de ses patients.
3) Pour le professionnel de la santé non médecin le Réseau peut aider à :
  • rompre l'isolement en ayant accès au partenariat et à l'information
  • résoudre ou surmonter les difficultés pratiques ou techniques (matériel, remplacements...).
4) Pour le travailleur psycho social, le Réseau favorise :
  • le partenariat avec les autres professionnels, le partage d'expériences
  • une information sur les évolutions médicales, permettant de réajuster l'information donnée au public.
5) Pour la personne malade et son entourage, le Réseau peut procurer des réponses concrètes et précises sur les différents aspects du maintien à domicile accessibles dans leur secteur d'habitation :
  • infirmières, kinésithérapeutes, aides soignantes
  • gardes malades, aides ménagères, bénévoles
  • médecins généralistes et spécialistes, psychologues, dentistes
  • assistantes sociales, avocats, associations spécialisées
  • laboratoires d'analyses, centres de radiologie
  • consultations hospitalières et services d'hospitalisation
  • prestations diverses comme repas à domicile, blanchissage, matériel à usage unique, location de matériel...


Mots clés :

Réseau, réseau santé, réseau ville-hôpital, réseaux de soins, santé communautaire, santé globale, promotion de la santé, santé publique, soins, prévention, aide à la personne, accès aux soins, démuni, accompagnement, solidarité, précarite, prise en charge.


Page rédigée par :

Dr Alain Sichel

Dernière mise à jour :

27.10.2004


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