Addictions - Rubrique Stupéfiants
L'héroïne
Présentation :
Cette page[1] présente quelques informations sur l'héroïne.
Sommaire de cette page :
. L'héroïne, qu'est-ce
que c'est ?
. Historique
. A quoi çà ressemble ?
. Chiffres
. Effets et dangers
. Héroïne et dépendance
. Références
dont le nom fait déjà peur. Pourquoi ? |
L'héroïne est un opiacé puissant, obtenu à partir de la morphine. Les opiacés sont des substances naturelles contenues dans le latex (opium) recueilli sur une plante, le pavot.
L'héroïne, qu'est-ce que c'est ?
L'héroïne est un opiacé puissant, obtenu à partir de la morphine.
Les opiacés sont des substances naturelles contenues dans le latex recueilli sur une plante, la pavot, qui sert également à la fabrication de l'opium.
Historique :
En 1888, un chimiste allemand préconise d'employer l'héroïne synthétisée pour soigner la tuberculose.
Médication "héroïque", elle est considérée comme susceptible de se substituer à la morphine dans le traitement des douleurs et de la toux. Rapidement, son utilisation devient abusive. Aux États-Unis, on estimait à près de 500 000 le nombre de personnes dépendantes à l'héroïne à la veille de la Première Guerre mondiale.
En 1923, la Société des Nations déclare le produit dangereux et de faible intérêt thérapeutique.
En 1924, l'utilisation non médicale de l'héroïne est prohibée aux États-Unis ; elle y sera totalement interdite en 1956 et en 1963 en France. Certains pays continuent à l'utiliser dans la pratique médicale.
Sa prescription est prohibée en France ; elle est expérimentée dans certains pays, notamment la Suisse et l'Australie, dans le cadre des politiques de réduction des risques auprès des héroïnomanes très dépendants.
A quoi çà ressemble ?

L'héroïne est un opiacé puissant, obtenu à partir de la morphine. Les opiacés sont des substances naturelles contenues dans le latex (opium) recueilli sur une plante, le pavot.
L'héroïne se présente sous la forme d'une poudre. Elle est la plupart du temps injectée en intraveineuse, après dilution et chauffage. Les pratiques d'injection semblent en baisse. L'héroïne est également sniffé et fumée.
Chiffres :
La consommation d'héroïne est en diminution.
de 15/16 ans (en pourcentage)
D
- Usage nocif et/ou dépendance :
- 140 000 à 170 000 personnes[2]
(Ces chiffres sont calculés à partir de données indirectement liées à la consommation : interpellations, décès par surdose, demandes de traitement...)
- 140 000 à 170 000 personnes[2]
- Jeunes scolarisés de 15 à 19 ans :
- Au moins une fois dans la vie : 1% (chiffres 1999)[3]
- environ 73 % des personnes prises en charge dans les établissements spécialisés dans les soins aux usagers de drogues sont dépendantes aux opiacés. Un grand nombre d'entre elles sont sous traitements de substitution et ne consomment pas actuellement d'héroïne ou d'autres opiacés non prescrits par un médecin.
- âge moyen 31 ans et demi.
- 69 décès enregistrés par les services de police.
Ce nombre a fortement chuté depuis 1994, année où plus de 500 décès par surdose avaient été recensés.
- Pour usage et revente :
- 6 140 personnes soit 7% des interpellations ; chiffres en diminution depuis 1995 ;
- âge moyen 21 ans et demi.
Chiffre en forte diminution depuis le milieu des années 90.
- Pour trafic :
- 1 126 personnes ; soit environ 20 % des interpellations ; tendance à la baisse.
- Environ 78 000 personnes dont près de 90 % avec Subutex (estimation à partir des quantités vendues et à partir d'hypothèses, sur les quantités moyennes prescrites).
Effets et dangers de l'héroïne :
L'Héroïne provoque l'apaisement, l'euphorie et une sensation d'extase. Elle agit comme anxiolytique puissant et comme antidépresseur. Les effets recherchés peuvent traduire un mal-être psychique, une souffrance, un besoin d'oubli.
L'effet immédiat de l'héroïne est de type "orgasmique". C'est un "flash". Il est suivi d'une sensation d'euphorie puis de somnolence, accompagnée parfois de nausées, de vertiges, et d'un ralentissement du rythme cardiaque.
En cas d'usage répété, le plaisir intense des premières consommations ne dure en général que quelques semaines.
Cette phase peut être suivie d'un besoin d'augmenter la quantité du produit et la fréquence des prises.
La place accordée à cette consommation est telle qu'elle modifie la vie quotidienne de l'usager.
Des troubles apparaissent, dont l'anorexie et l'insomnie.
La dépendance s'installe rapidement dans la majorité des cas. L'héroïnomane oscille entre des états de soulagement euphoriques (lorsqu'il est sous l'effet de l'héroïne), et des états de manque qui provoquent anxiété, agitation...
La dépendance à l'héroïne entraîne des risques sociaux importants. Elle enclenche un processus de marginalisation chez certains usagers. La surdose ou overdose de l'héroïne peut provoquer une insuffisance respiratoire entraînant une perte de connaissance et éventuellement la mort.
L'injection entraîne des risques d'infection (notamment par les virus du sida et des hépatites B et C) si l'usager ne se sert pas d'un matériel d'injection stérile, utilisable une seule fois.
Héroïne et dépendance :
L'héroïnomane qui le souhaite peut bénéficier de soins : sevrage, suivi psycho-social, traitement de substitution. Les traitements à la méthadone ou au Subutex® sont administrés par voie bucale. Ils sont prescrits soit dans les centres de soins spécialisés en toxicomanie, soit par un médecin de ville et depuis peu par les médecins exerçant à l'hopital.
Ces traitements de substitution ont pour objectif de stabiliser la dépendance de manière médicale et légale.
Le bilan des programmes de substitution montre une amélioration notable de l'état de santé des personnes, qui favorise leur stabilisation sociale et leur insertion professionnelle.
Entre 1994 et 1998, le nombre de surdoses mortelles a fortement diminué, passant de 564 à 143, dont 92 à l'héroïne (les autres décès étant liés à l'association de plusieurs produits : polyconsommations).
À partir de 1987, la politique de réduction des risques s'est développée pour éviter la contamination des usagers par le virus du sida.
Les mesures suivantes ont été prises :
- la mise en vente libre des seringues en 1987 ;
- la mise en œuvre de programmes d'échange de seringues ;
- l'installation de distributeurs automatiques et la diffusion de kits de prévention.
Cette politique a entraîné une baisse significative de la contamination par le virus du sida.
Diverses études montrent que les partages de seringues et les nouvelles contaminations par le virus du sida ont fortement diminué chez les usagers de drogues par voie intraveineuse. En 1995, les toxicomanes représentaient le deuxième groupe le plus touché avec 23,7 % des cas de sida cumulés. On constate une diminution importante dès 1996. Malgré ces progrès, plus d'un usager de drogue par voie intraveineuse sur cinq est aujourd'hui porteur du virus du sida.
Le nombre de personnes contaminées par le virus de l'hépatite C reste important : il représente 60 à 80 % des usagers de drogue par voie intraveineuse.
Références :
- Les éléments de cette page proviennent
du guide "Drogues :
savoir plus, risquer moins" (
sur le site de la MILDT).

- Drogues et toxicomanies. Indicateurs et tendances,
OFDT, Paris, 1999.

- ESPAD 99 - INSERM - OFDT - MNERT, sous la direction
scientifique de M. Choquet et S. Ledoux, OFDT, 1999. Parution 2001.

- Les Usagers de drogues suivis dans le système
médico-social en novembre 1999, Tellier S., DREES.

- Usage et trafic de stupéfiants : statistiques
1998, OCRTIS, ministère de l'Intérieur, 1999.

Mots clés :
Dépendance, addiction, réglementation, loi, drogue, toxicomanie, héroïne, cocaïne, cannabis, stupéfiants.
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