Ce site s'affiche bien mieux avec un navigateur conforme aux standards du Web (Pour un diagnostic de votre configuration et télécharger un navigateur conforme aux standards).
Menu de navigation en cours de chargement
Voir / cacher la colonne gauche de la page

Addictions - Rubrique Stupéfiants




FAQ Stupéfiants



Présentation :

Cette page présente la Foire Aux Questions (les questions les plus fréquemment posées par le public) sur les Stupéfiants (héroïne, cocaïne, cannabis ...). Si vous avez d'autres questions sur ce sujet dont vous souhaitez la réponse, envoyez-nous un message.




Puce violette Qu'est-ce qu'une drogue ?

La définition de l'Organisation Mondiale de la Santé (O.M.S.) est très large : "on appelle drogue toute substance qui, introduite dans un organisme vivant, peut modifier une ou plusieurs de ses fonctions". En ce sens, tout médicament peut être désigné par le mot drogue. Selon l'usage qui en est fait, les drogues peuvent être employées à des fins médicales ou à des fins non médicales.

Cependant il ne s'agit là que d'une définition parmi d'autres. Le fait qu'il existe plusieurs définitions différentes complique le dialogue sur un sujet déjà brûlant...

Tâchons donc, faute d'une définition exhaustive et surtout consensuelle du terme, de savoir de quoi nous parlons et surtout de comprendre de quoi parlent nos interlocuteurs quand ils abordent le sujet.

Derrière ce mot se cachent au moins trois notions principales tout à fait essentielles et indépendantes et une autre moins importante mais tout aussi souvent implicitement comprise dans l'utilisation du mot :

  • La notion la plus essentielle est sans conteste la notion de drogues psychotropes, c'est-à-dire l'ensemble des substances d'origine naturelle ou synthétique qui peuvent, par leur action sur le système nerveux central, modifier l'activité mentale, les sensations, les comportements. Ce premier sens donné au mot drogue est peut-être pour chacun d'entre nous le plus intuitif, le plus immédiat et le plus généralement sous-entendu quand le mot "drogue" est employé.
    Si l'on ne retient que cette seule notion prise isolément et que l'on tente alors un classement selon l'effet psychotrope de chaque produit par ordre de puissance décroissante on peut obtenir plus ou moins le classement suivant : alcool, héroïne et autres opiacés majeurs (morphine, opium, etc), crack, cocaïne, ecstasy, LSD, autres hallucinogènes (champignons, etc), cannabis, tranquillisants. Le tabac ne peut pas sérieusement être alors considéré comme une drogue.

  • L'autre notion essentielle qui se cache derrière le mot drogue est la notion de dépendance, c'est à dire de perte de liberté par rapport à l'utilisation du produit, avec ses déclinaisons habituelles en dépendance physique et psychique qui furent à la source de bien des débats et polémiques dans les années 80.
    Reprenons alors notre classement des produits tenté précédemment avec comme critère la dépendance, et observons les modifications : héroïne et opiacés, alcool, crack, tranquillisants, tabac, cocaïne, ecstasy, haschish, LSD et hallucinogènes.

  • La troisième de ces notions a beaucoup moins à voir avec le sens originel du mot drogue, mais elle influence de façon quasi systématique tous les discours sur le sujet : il s'agit de la notion de nocivité pour l'organisme du produit incriminé. Bien entendu cette nocivité n'est liée ni à l'effet psychotrope du produit, ni à la dépendance qu'il engendre : il s'agit donc bien des effets nocifs pour l'organisme, soit à court terme : on peut citer l'overdose à l'héroïne comme le coma éthylique (overdose à l'alcool), soit à long terme : on peut alors citer la cirrhose alcoolique ou le cancer du poumon du fumeur ; en l'occurrence aussi bien pour le fumeur de tabac que pour le fumeur de haschich contrairement à une idée trop souvent répandue. C'est cette notion qui a été prioritairement retenue par la commission "Henrion" pour classer les drogues par ordre de dangerosité décroissante ce qui n'est pas étonnant d'ailleurs puisque cette commission était présidée par un médecin, cela a évidemment donné lieu dans la presse à des affirmations provocatrices du style "le tabac est plus dangereux que le haschich et l'alcool est aussi dangereux que l'héroïne d'après les travaux de la commission Henrion", confondant la dangerosité globale d'un produit avec sa nocivité spécifique pour le corps humain.

La dangerosité globale d'une drogue, nous pouvons le comprendre, ne peut être que la résultante de sa nocivité pour l'organisme, de la dépendance qu'elle engendre pour l'utilisateur, et aussi de son effet psychotrope.

Passons aux notions mineures qui n'ont plus rien à voir en réalité avec la définition originelle du mot drogue, mais qui, souvent sous-entendues dans le discours sur la drogue, ont tendance à le pervertir et à générer de nombreux malentendus :

  • La dernière notion à laquelle fait souvent référence de façon implicite l'utilisation du mot drogue est celle de la légalité ou de l'illégalité des produits ; le sous-entendu étant bien évidemment qu'un produit illicite est obligatoirement une drogue et surtout qu'à l'inverse des produits légaux (et en vente libre de surcroît) comme l'alcool ou le tabac peuvent ne pas être considérés comme des drogues. La persistance de cette notion a très longtemps faussé le débat sur la drogue et on peut se féliciter qu'elle soit maintenant officiellement abandonnée (voir la dernière campagne dans les médias en avril 2000 de la Mission Interministérielle de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie), sauf peut-être par le ministère de l'intérieur pour le tabac, mais son rôle est évidemment plus de lutter contre l'illégalité que de définir ce qu'est une drogue... Retenons pour la clarté du débat que les drogues illicites sont regroupées sous l'appellation de stupéfiants.

  • Enfin il paraît utile de préciser une catégorie qui est souvent utilisée dans le discours sur la drogue : il s'agit de la notion de drogue "dure" ou "douce". Cette classification très utilisée il y a quelques années est heureusement un peu passée de mode. A l'origine une drogue dite douce n'est pas susceptible d'entraîner une dépendance physique, à l'inverse d'une drogue dure. Puis suite à un glissement sémantique regrettable, drogue douce est devenue synonyme de drogue peu dangereuse et inversement pour la drogue dure. Cette manière de différencier les drogues est fausse puisque pour l'organisme, la dépendance, une fois déclarée pour un produit donné est présente ou pas. Il n'existe pas de degré de dépendance (petite ou grande dépendance).



Puce violette Qu'est-ce qu'un stupéfiant ?

Le terme « stupéfiant » a d'abord été utilisé pour désigner une substance qui produit une paralysie des centres nerveux et développe une dépendance. Par la suite, l'usage de ce terme a été étendu à de nombreux produits psychotropes.

Certaines substances (morphine, héroïne, codéine, cocaïne, etc), connues le plus souvent de longue date pour leurs effets nocifs et les abus auxquels elles donnent lieu, ont fait l'objet de conventions internationales et ont été placées sur des listes annexées à celles-ci. En France, les stupéfiants sont les produits inscrits au tableau B des substances vénéneuses. Ce tableau comprend non seulement les stupéfiants des listes internationales, mais aussi d'autres psychotropes faisant l'objet d'abus comparables.

On voit donc bien que pour un terme a priori aussi précis que le mot "stupéfiant", deux définitions quasi officielles coexistent tranquillement : d'une part pour les ministères de la justice et de l'intérieur il s'agit de toutes les drogues illégales (Cf la célèbre brigade de répression des stupéfiants dite "les stups") ; d'autre part pour le ministère de la santé et dans le code de la santé publique il s'agit tout simplement d'une liste de médicaments dont l'abus peut donner lieu à des conduites toxicomaniaques et dont la prescription et la délivrance médicale sont plus rigoureusement encadrées que celles des médicaments habituels.




Puce violette Qu'est-ce que la tolérance ?

On parle de tolérance (ou accoutumance) pour désigner le degré d'adaptation de l'organisme aux effets d'un produit psychotrope donné.

Lors des premières prises d'un produit, l'individu a une tolérance = 0. La sensibilité du corps au produit est maximale.

Les effets du produit vont donc être maximaux. Il suffit et il est même recommandé de ne commencer que par de petites doses, pour éviter des effets non désirables, voire une overdose.

Si l'individu prend régulièrement un même produit psychotrope, la tolérance augmente et peut même devenir très importante. Dans ce cas, l'organisme est habitué à la présence du produit, et diminue ses effets. Ce qui met bien souvent l'individu à l'abri d'une overdose. Cependant, les effets du produit diminuent, l'individu va avoir tendance à augmenter les doses pour tenter de retrouver les effets du début. Il va arriver un moment où la tolérance est à son maximum et même en augmentant les doses, le produit n'a plus les effets initiaux.

Il faudra alors, pour retrouver ces effets du début, arrêter la prise de produit pendant plusieurs jours, passer la période dite de sevrage pour reprendre ensuite le produit et retrouver les effets initiaux. Mais il y a un risque majeur à procéder de la sorte. Car la tolérance alors diminue et se retrouve proche de zéro. Si le sujet reprend de fortes doses dont il a l'habitude, il fera une overdose. Le sujet devra, après une période de sevrage, toujours revenir à des doses minimes. Il faudra qu'il ait bien conscience de cet effet de tolérance pour pouvoir respecter cette règle physiologique.

Cette tolérance n'est ni spécifique aux psychotropes en général ni au genre humain en particulier : il s'agit d'un phénomène biologique fondamental qui se joue au niveau cellulaire et que l'on retrouve au moins chez tous les mammifères.

D'autre part tous les psychotropes ne présentent pas cette caractéristique et certains médicaments non psychotropes la présentent. Parmi les psychotropes on peut citer les opiacés qui la possèdent au plus haut point mais aussi l'alcool et les tranquillisants. Par contre les amphétamines et dérivés, la cocaïne et le haschich en sont dépourvus. Parmi les non psychotropes certains médicaments comme les vaso-constricteurs prescrits dans les rhumes, ou la cortisone sous forme de pommade dans l'eczéma, posent de sérieux problèmes de tolérance.

Cette tolérance semble être le préalable indispensable et indissociable de l'existence pour un produit d'une dépendance physique vraie.




Puce violette Qu'est-ce que la dépendance ?

Distinguons, bien qu'elles soient mêlées, la dépendance physique de la dépendance psychologique :

  1. Dépendance physique : C'est un phénomène qui se développe à l'insu du sujet, de façon silencieuse, sans aucun signe qui permette d'en constater l'existence, si ce n'est après coup, une fois la dépendance installée. Mais une fois que la dépendance physique est installée pour un produit donné, elle est installée à vie. Elle ne peut plus disparaître. Le sujet peut devenir abstinent, ne plus prendre du tout le produit en question mais la dépendance (contrairement à la tolérance) persiste. Si le sujet reprend le produit, même à petite dose, et même une seule fois, il va se produire un phénomène d'appel. Les "cellules mémoires du cerveau" vont se réveiller et faire appel au produit. Le sujet va alors être soumis à un besoin impérieux du produit qu'il reprendra dans un comportement toxicomaniaque comme il a déjà connu auparavant.

    Le sujet bien souvent ne sait pas qu'il est devenu dépendant du produit qu'il a l'habitude de prendre. Pour le savoir, il doit traverser la période de sevrage. Or il faut attendre environ 48 heures après la dernière prise, avant que les premiers signes de manque n'apparaissent et le syndrome de manque peut durer 5 jours pour l'héroïne, 10 à 15 jours pour l'alcool. Cet intervalle varie selon le type de produit. Les manifestations du manque varient selon le produit. Ce qui fait qu'un toxicomane peut être en manque et ne pas savoir que ce qu'il ressent est lié à l'absence de produit.
    Il faudra souvent qu'il fasse plusieurs fois l'expérience de l'arrêt et qu'il entende un copain parler du manque pour qu'il fasse le lien entre ce qu'il ressent, les symptômes douloureux, les hallucinations, les crises convulsives, les tremblements, les fausses reconnaissances, l'anxiété, la dépression, et l'absence de produit depuis plusieurs jours.
    Il faudra qu'il comprenne le lien entre les douleurs, les symptômes et l'absence de produit pour qu'il puisse reconnaître sa dépendance.

  2. La dépendance psychologique : La dépendance psychique est très liée à la dépendance physiologique bien qu'elle existe avant la première prise de produit. Elle est majorée avec la première prise mais elle est masquée par l'intoxication. Elle apparaît massive au décours du sevrage avec un état dépressif, un manque de désir, une inhibition motrice et psychique, des rêves centrés sur le produit et des mécanismes réflexes centrés sur les habitudes comportementales liées au produits. Elle est aussi majorée par la douleur psychique et la frustration.
    La dépendance psychique maintient pendant de longs mois voire de longues années l'envie de reprendre le produit.
    Elle sera à l'origine des rechutes.

    Exemple : La croix verte de la pharmacie qui clignote peut entraîner chez quelqu'un qui avait l'habitude de prendre du Néocodion® acheté en pharmacie, l'envie effrénée de rentrer dans la pharmacie et d'acheter du Néocodion®.



Puce violette Qu'est-ce que le sevrage ?

Le sevrage consiste à interrompre l'utilisation de produits toxiques de façon à mettre un terme à l'intoxication. Cela va mettre l'organisme en situation de se déshabituer du produit (de se réhabituer à l'absence de produit) et de rechercher un nouvel équilibre, en l'absence de drogue.

Pour pouvoir parler de sevrage, il faut que la prise de produit s'arrête, mais il faut aussi qu'elle ne soit pas remplacée par la prise d'une autre drogue. Si tel était le cas on ne peut pas parler de sevrage mais de polytoxicomanie.

Le sevrage physique consiste à libérer l'organisme de la drogue, du produit auquel il s'était adapté. L'interruption des prises entraîne des manifestations physiologiques plus ou moins douloureuses et dont la nature dépend du produit utilisé. Huit à quinze jour suffisent en général pour réaliser ce sevrage.

Le sevrage psychique est beaucoup plus long, plus délicat et difficile. Une aide de la part de spécialistes est souvent nécessaire. Il vise à ce que l'usager, après un réel sevrage physique, puisse trouver d'autres investissements, renouer d'autres liens et relations avec son entourage en dehors de la drogue et de tout ce qui s'y rapporte. Cela lui demandera entre autre de changer d'entourage et de copains, de régler ses dettes. Cela lui demandera de réapprendre à vivre et a traverser les épreuves de la vie sans avoir recours à la drogue, mais en se reconstruisant de nouveaux moyens de défense contre la frustration, et la douleur psychique. Le fait d'apprendre à gérer ces moments difficiles avec l'aide d'un spécialiste peut aider le sujet à arrêter toute prise de drogue ultérieure.




Puce violette Qu'est-ce qu'un drogué ?

C'est un sujet qui prend des drogues, des produits toxiques.

Parmi eux il y a les usagers de drogues et les toxicomanes.

Les toxicomanes ont développé une dépendance à l'égard de leur produit d'élection et ne peuvent pas s'arrêter sans l'apparition d'un syndrome de manque dont les signes sont spécifiques du produit donné.

Les usagers sont ceux qui ont pris des drogues sans avoir développé, d'après eux, de dépendance.




Puce violette L'escalade du haschich à l'héroïne est-elle fréquente ?

Tout dépend de l'usage qui est fait du haschich :

  • certains consommateurs utilisent le cannabis occasionnellement. Il s'agit généralement de personnes averties qui fument du haschich mais refusent de toucher à des drogues "dures" (héroïne, cocaïne...), sachant qu'elles entraînent une dépendance physique.
  • d'autres, qui sont "mal dans leur peau", trouvent avec le haschich un moyen de fuir une situation insatisfaisante. La consommation de haschich augmente, et devient une évasion de la réalité. C'est une solution de facilité devant un "mal-être", mais qui, sans aborder le problème, ne peut que laisser la situation s'aggraver. C'est alors une véritable dépendance psychologique au haschich, et même dans certains cas un comportement toxicomaniaque. Le risque d'essayer d'autres produits ("escalade") est alors réel : il s'agit d'une personne qui cherche avant tout à s'évader de ses difficultés, en refusant souvent de penser au risque (accoutumance, dépendance physique).

Des spécialistes déclarent que la question de "l'escalade" est un faux problème : ceux qui passent à une drogue "dure" l'auraient fait de toute façon.

Ces dernières opinions ne font pas l'unanimité, mais ces questions méritent un véritable débat.




Puce violette Qu'est-ce qu'une surdose (overdose) ?

Tout médicament psychotrope peut provoquer seul ou associé à l'alcool la mort par surdose.

C'est le seul cas d'urgence vraie, chez un toxicomane, où on ne sera pas alerté parce que le toxicomane n'appelle pas, ne crie pas, ne fait pas de bruit. Il dort. On a tendance à l'oublier ou à se reposer des moments difficiles qu'il nous a fait vivre quelques instants avant quand il était en manque. Alors que c'est justement là qu'il faut s'inquiéter. Vérifier qu'il respire bien et qu'on peut le réveiller en le secouant un peu. Dans le cas contraire il faut appeler les secours sans attendre.




Puce violette L'état de manque est-il une urgence ?

L'état de manque n'est pas une urgence, sauf dans le cas de l'alcool où il peut entraîner un delirium tremens.

Le toxicomane utilisateur de drogues "dures" (héroïne par exemple) connaît bien cet état et sait ce qui lui faut pour ne plus être en manque. Il n'a pas besoin de médecin pour cela. Mais contrairement, à la surdose, lors de l'état de manque le toxicomane est en état de demande, d'anxiété, d'angoisse. Il ne cesse de demander un produit qui pourrait le calmer. Il peut même devenir violent, menaçant, culpabilisant son entourage qui d'après lui ne fait rien pour l'aider. Il peut faire pression psychologiquement sur son entourage pour obtenir des médicaments, une consultation auprès d'un médecin, ou pour obtenir de l'argent pour aller chercher sa dose auprès du dealer.

La conduite à tenir est de donner un médicament ponctuellement pour 24 heures ou 48 heures prescrit par un médecin et à dose thérapeutique, sans laisser le médicament à la disposition du toxicomane qui risque de prendre la boîte entière au lieu de prendre 1 ou 2 cp.

Cette réponse n'a rien à voir ni avec un sevrage, ni avec une urgence.

Après quoi, de deux choses l'une, ou bien le toxicomane reprend son intoxication et l'état de manque disparaîtra.

Ou bien le toxicomane ne veut pas reprendre son intoxication, auquel cas il vaut mieux lui conseiller d'aller consulter un centre spécialisé pour mettre en place un sevrage ou une substitution.




Puce violette Qu'est-ce qu'un polytoxicomane ?

On parle de polytoxicomane devant un toxicomane utilisateur de plusieurs types de stupéfiants. Les polytoxicomanes font fréquemment des mélanges de produits, l'association avec de l'alcool, ou avec des médicaments psychotropes (détournés de leur usage).




Puce violette Fumer du tabac ou fumer du cannabis (H) est-ce la même chose ?

Non ! Tous les toxicomanes sont des fumeurs de tabac. Pour ressentir les effets du cannabis, qui se fume le plus souvent avec du tabac, le sujet doit inhaler la fumée. Une campagne d'information contre l'usage du tabac est une excellente façon de faire de la prévention en matière de toxicomanie.

Mais les effets sont différents :

  • Les effets du tabac portent sur la dégradation des vaisseaux et sur les poumons. Mais l'intoxication tabagique ne modifie ni les perceptions visuelles ou auditives, ni les réflexes, ni la relation à l'autre ni la relation à soi-même. Le tabac n'est pas un producteur d'hallucination.
  • Les effets du cannabis, n'entraînent pas de dégradations corporelles, mais par contre entraînent des dégradations psychiques avec production d'hallucinations, modification de l'humeur (euphorie, dépression) modification des perceptions visuelles et auditives, perte du contrôle de soi, modification de la perception des distances avec modifications des réflexes.

Si on peut conduire en fumant du tabac, il est fortement déconseillé de conduire en ayant fumé du cannabis. L'ivresse cannabique existe au même titre que l'ivresse alcoolique et donne les mêmes résultats au volant.




Puce violette Peut-on être fumeur de cannabis sans être fumeur de tabac ?

Certains fumeurs de cannabis disent que oui. Mais les spécialistes qui ont l'habitude de suivre les toxicomanes n'ont jamais vu de toxicomane qui n'ait jamais fumé de tabac. D'autre part même en supposant qu'un fumeur de cannabis ne fume pas de tabac, il sera obligé d'apprendre à inhaler le cannabis pour en ressentir les effets.




Puce violette Quand un toxicomane fait un sevrage, faut-il aussi lui demander d'arrêter de fumer ?

D'arrêter de fumer du cannabis, oui, si c'est possible.

D'arrêter de fumer du tabac : non, puisque le tabac n'est ni un psychotrope, ni un stupéfiant.

D'autre part, le sevrage aux autres drogues est déjà très douloureux et frustrant. N'en rajoutons pas avec le sevrage tabagique. Il sera toujours temps d'arrêter de fumer plus tard, quand il aura pris de la distance avec sa toxicomanie, qu'il aura changé de vie et qu'il trouvera peut être d'autres motivations pour arrêter le tabac. C'est un problème secondaire par rapport à la toxicomanie aux opiacés et aux hallucinogènes.




Puce violette Quand une femme est toxicomane faut-il qu'elle arrête, qu'elle fasse un sevrage, quand elle apprend qu'elle est enceinte ?

Tout dépend de ses motivations, de l'antériorité de son intoxication et du terme de sa grossesse.

Sil elle n'est pas encore enceinte, mais qu'elle souhaite le devenir, ou qu'elle vient d'apprendre qu'elle est enceinte de deux mois, il est préférable de lui conseiller un sevrage, si elle en est d'accord et si elle pense pouvoir rester abstinente pendant toute la durée de la grossesse.

Dans le cas contraire, et dans le cas où elle est déjà à plus de trois mois de grossesse, il est conseillé qu'elle soit régulièrement suivie :

  1. par la maternité où elle compte accoucher.
  2. par un médecin spécialisé en toxicomanie qui lui proposera un traitement de substitution qu'elle devra prendre régulièrement jusqu'à l'accouchement.

Dans ce cas, la substitution est constituée de produits passant la barrière placentaire, le fœtus vivant comme la mère au rythme de la substitution. A l'accouchement, la mère décidera elle-même ce qu'elle souhaite faire : reprendre son intoxication habituelle, continuer la substitution sur prescription médicale ou faire un sevrage. Elle ne pourra allaiter son enfant que dans le cas où elle décide de faire un sevrage, puisque les stupéfiants passent dans le lait maternel.

Quant au bébé, un sevrage aura lieu dans les dix jours qui suivent la naissance. Cet enfant est, en effet, dépendant au produit que la mère a pris pendant la grossesse. Rappelons ici que la dépendance pour un produit donné, une fois qu'elle est développée soumet l'organisme à la loi du tout ou rien et cela, à vie.




Puce violette L'enfant né d'une mère toxicomane a-t-il un risque de devenir toxicomane à l'adolescence ?

Cela dépend de sa rencontre avec le produit, ici, l'héroïne ou les dérivés morphiniques. S'il n'y a jamais recourt, il ne deviendra pas plus héroïnomane qu'un autre. Par contre s'il y a recourt une fois, il s'y accrochera beaucoup plus vite qu'un autre.

Il ne pourra jamais être un simple usager.




Puce violette Quand on s'aperçoit que son enfant est toxicomane que peut-on faire ?

S'adresser d'abord à un centre spécialisé pour toxicomanes afin d'avoir des conseils sur la manière de s'y prendre.

Ensuite parler avec son enfant de ses doutes et surtout de ce dont on a pu observer :

  • Qu'il rentre à des heures non prévues, qu'il dépense beaucoup d'argent sans qu'on voit ce qu'il a acheté, qu'il laisse traîner des choses un peu douteuses et qu'on se demande s'il ne se droguerait pas. Qu'en pense-t-il ? S'il nie, ce n'est pas la peine d'insister. Les questions sont souvent plus importantes que les réponses.
  • S'il reconnaît avoir pris ou prendre des drogues, lui demander s'il serait d'accord pour aller consulter et être aidé.
  • S'il est d'accord, c'est à lui de prendre rendez-vous. Mais vous pouvez l'accompagner la première fois.
  • S'il n'est pas d'accord, c'est aux parents de prendre rendez-vous et d'aller consulter pour avoir des conseils.



Puce violette Comment peut-on savoir si son enfant, adolescent ou jeune adulte, est toxicomane ou pas ?

On peut se poser la question devant un adolescent qui rentre de plus en plus tard, à des heures où on ne l'attend plus.

Quand on lui donne une heure de rentrée, il ne la respecte pas. Il a toujours besoin d'argent mais on ne voit jamais ce qu'il achète. Il raconte de plus en plus d'histoires qui ne correspondent pas à la réalité des choses. Il fume de plus en plus, alors que dans la famille personne ne fume. Il semble plus intéressé à faire la fête avec les copains qu'à construire son avenir. Il se fait renvoyer de son collège ou de son travail et il croit avoir toujours raison.

Il est d'une humeur changeante d'un instant à l'autre sans qu'on puisse s'expliquer pourquoi.

Un seul de ces signes ne suffit pas pour en conclure une toxicomanie. Par contre, plusieurs de ces signes observés chez un adolescent peut faire évoquer un problème de toxicomanie. Pour s'en assurer, il est conseillé que les parents aillent demander l'avis d'un centre spécialisé en toxicomanie.

Il vaut mieux aller demander conseil, alors qu'il ne s'agit pas de toxicomanie mais d'un simple problème dû à l'adolescence, plutôt que d'éviter cette consultation et de s'apercevoir des années après que c'était à ce moment là qu'il aurait fallu faire quelque chose.

Et à ce moment là ce sont les parents qui doivent consulter.



Mots clés :

Dépendance, addiction, drogue, toxicomanie, héroïne, cocaïne, cannabis, stupéfiants.


Page rédigée par :

CEDAT, Dr Alain Sichel

Dernière mise à jour :

25.01.2004


Publicité :

Hit Parade
Syndication
RSS 1.0
. Objectifs et missions ;
. Organigramme ;
. Le SREPS ;
. Le centre documentaire ;
. Le conseil méthodologique ;
. Les formations ;
. Les actions réalisées ;
. Les actions en cours ;
. Le site Internet ;
. Revue de presse.
. Éditorial ;
. Dernières nouvelles ;
. Derniers textes officiels ;
. Agenda santé ;
. Actualité INPES ;
. Actualité des sites santé ;
. Informatique médicale ;
. Appel d'offres, financements ;
. Calendrier des journées santé ;
. Quoi de neuf sur le site ;
. Dernières acquisitions.
. Le CODES 78 et les addictions ;
. Ancienne publication CIRDD 78 ;
. Quelques définitions ;
. L'évolution des politiques publiques ;
. L'action des drogues sur le cerveau ;
. Alcool ;
. Dopage ;
. Médicaments psychoactifs ;
. Stupéfiants (héroïne, cocaïne, cannabis, ...) ;
. Tabac ;
. Agir, réagir, aider, être aidé.
. Promotion de la santé ;
. Alimentation ;
. Cancer ;
. Education pour la santé du patient ;
. Grossesse et contraception ;
. Hépatites ;
. Mal de dos ;
. Maltraitance ;
. Parentalité ;
. Personnes âgées ;
. Précarité ;
. Premiers secours ;
. Prévention des accidents ;
. Réseaux santé ;
. Santé mentale ;
. Sommeil ;
. Vaccination ;
. VIH / SIDA.
. Partenaires institutionnels ;
. Partenaires associatifs ;
. Réseaux santé des Yvelines ;
. Adresses utiles ;
. Contact Partenaires.
. Sites généraux ;
. Sites sur les dépendances ;
. Sites sur d'autres thèmes.
. Aide à la pratique médicale ;
. Fiches pratiques ;
. Documents sur les Dépendances ;
. Documents Prévention du suicide ;
. Documents sur le VIH / SIDA ;
. Accompagnement social des malades.
. Aide à l'utilisation du site ;
. Pages de Services ;
. Utiliser Internet ;
. Pages pour webmestres.
Haut de la page