Lutter pour une meilleure acceptation sociale des personnes atteintes du VIH Sida constitue un axe majeur des actions de lutte contre le VIH. Mieux acceptées par la société, les personnes atteintes sont plus sensibles à la prévention : meilleur suivi thérapeutique, meilleure observance des traitements, renforcement plus général des comportements de prévention… À l’inverse, les discriminations cumulées peuvent entraîner les personnes à avoir un comportement de prises de risques.
C’est pourquoi le Ministère de la santé et des solidarités et l’Institut national d’éducation pour la santé (INPES) mettent en place un plan de communication en deux volets pour lutter contre les discriminations des personnes séropositives. Une campagne « free hugs » (câlins gratuits) incite tout un chacun à étreindre son prochain dans un élan humain spontané et désintéressé. Une série de douze portraits réalisée en partenariat avec France télévisions visera également à redonner une visibilité aux personnes contaminées.
Une campagne de communication en deux volets
Premier volet : une distribution de « free hugs » (câlins gratuits), car séropositifs ou non nous vivons tous ensemble.
Le free hugs est un symbole fort, une attitude positive, un geste gratuit, un élan humain spontané qui pourrait être repris par chacun pour lutter contre la discrimination des personnes séropositives.
Le principe est simple : écrire « Free hugs » (câlins gratuits) sur une pancarte, descendre dans la rue et attendre que les gens viennent vers vous et vous serrent dans leurs bras. C’est ce geste symbolique fraternel, véritable phénomène émergeant aux quatre coins de la planète qui est mis en scène pour la première fois en France dans les deux films de l’INPES (40 secondes et 1 minute). Ces films à mi-chemin entre le clip et le « happening » de rue seront diffusés du 11 au 21 mars sur les chaînes de télévision hertziennes et les principales chaînes du câble pour inciter le plus grand nombre à faire de même en répétant ce geste dans la rue. Preuve s’il en fallait du succès de ce phénomène, plus de 300 personnes (non castées) passant simplement dans la rue ont été “étreintes” pendant les deux jours qu’a duré le tournage du spot.
La campagne sera étendue à l’Internet, moyen de diffusion du mouvement à travers le monde. Le site www.contreladiscrimination.org proposera aux l’internautes de réaliser des « free hugs » virtuels grâce à un avatar. Tous les « hugs » seront comptabilisés afin de matérialiser l’élan de solidarité suscité. Le site donnera également la possibilité de poster des vidéos personnelles de free hugs.
Télécharger le Flash Player pour voir ces videos.
Deuxième volet : la séropositivité transforme le quotidien, 12 personnes témoignent
Douze témoins ont accepté de partager leur expérience de la maladie. Ils révèlent la manière dont la séropositivité a transformé leur quotidien, les situations de rejet auxquelles ils font face, que ce soit dans le contexte familial, amical ou professionnel. Sans se vouloir exhaustive, cette série de portraits tente de donner une image réaliste et représentative des personnes atteintes et de leur quotidien.
Les récits de contamination que ces témoins livrent permettent de rappeler que les risques concernent tout le monde, quel que soit l’âge ou les pratiques sexuelles. En faisant partager leur quotidien, ils rappellent que la séropositivité, malgré l’existence de traitements de plus en plus efficaces, reste une maladie aux conséquences graves. A l’heure où la séropositivité est de plus en plus associée à une maladie chronique, rappeler les conséquences possibles des traitements et le bouleversement qu’elle entraîne paraît également indispensable pour inciter chacun à la vigilance.
Cette campagne sera diffusée du sera diffusée du 2 avril au 15 juin sur l’ensemble des chaînes de France télévision. Elle s’inscrit dans la continuité de la campagne d’affichage « Bravo, vous faites désormais partie des gens qui n’ont pas peur d’approcher une personne séropositive » diffusée en début et fin d’année 2006, et de la campagne télévisée mettant en scène des couples au statut sérologique différent diffusée du 11 au 25 juin 2006.
www.entrevousetmoi.org
Des connaissances sur la maladie qui s’améliorent, mais des réticences toujours présentes à vivre à proximité des personnes atteintes.
On constate en 2004* une amélioration des connaissances sur les modes de contamination : les proportions de personnes croyant à tort que la contamination est possible “dans les toilettes publiques”, “en buvant dans le verre d’une personne contaminée” et “en donnant son sang” retrouvent des niveaux aussi faibles qu’il y a 10 ans. Les plus jeunes et les plus diplômés restant ceux qui connaissent le mieux la maladie et ses mécanismes de transmission. Le préservatif masculin reste toujours considéré en 2004 comme un moyen de protection efficace contre le virus du sida (94,3%).
Moins d’une personne sur quatre craint le VIH (le sida et les maladies associées) pour elle-même, ce niveau de crainte est le plus faible enregistré depuis 1994. Ce chiffre s’intègre dans la diminution globale de la peur suscitée par les différents risques et maladies, sauf pour les maladies cardiaques et celles liées au tabac ou à l’alcool.
En 2004, la population se déclarait moins souvent en faveur d’un dépistage obligatoire pour certains groupes, tels que les femmes enceintes ou les étrangers aux frontières. Les opinions à l’égard des homosexuels ou des toxicomanes étaient également globalement positives. Toutefois une fraction notable des répondants ont déclaré être d’accord avec certaines mesures d’exclusion envers les malades du sida et près d’un quart se révèlent en faveur de l’isolement des malades du sida des autres patients dans les hôpitaux. Ainsi malgré une ouverture d’esprit toujours marquée à l’égard des personnes séropositives, des réticences individuelles apparaissent quand il s’agit de vivre à proximité d’une personne atteinte.
Même si les répondants restent en grande majorité toujours tolérants à l’égard des personnes séropositives, ils sont en 2004 moins nombreux à accepter d’avoir des relations sexuelles protégées avec elles (18% contre 14%). Comme précédemment, plus les circonstances impliquent un degré d’intimité élevé avec les personnes séropositives, moins les répondants les acceptent, surtout chez les plus âgés. Ainsi, 93% sont d’accord pour les fréquenter, 71% pour laisser leurs enfants avec elles et 14% seulement pour avoir des rapports sexuels protégés avec elles.
Des situations discriminatoires ressenties par 8 personnes contaminées sur 10
En 2005, une enquête menée par Sida info service auprès des personnes séropositives appelant la ligne a montré que plus de huit personnes sur dix déclarent avoir subi au moins un événement discriminatoire dans l’un des dix domaines couverts par l’enquête, sept sur dix dans la vie sociale et six sur dix dans la vie privée.
Cette dernière enquête permet de brosser un portrait des différentes discriminations dont font l’objet les personnes atteintes par le VIH :
- premier domaine de discrimination évoqué : le milieu médical, avec de fréquents refus notamment de soins dentaires ;
- un tiers des personnes ont été victimes de discrimination dans la vie professionnelle : mis à l’écart de mouvements conviviaux, chuchotements, injures et harcèlements moral.
- les discriminations, par les banques et assurances, aussi nombreuses que les discriminations dans le domaine professionnel
- les discriminations par un voisin ou une connaissance, évoquées par trois personnes sur dix.
- les discriminations dans la sphère privée, évoquée par deux tiers des personnes interrogées. Plus d’un tiers des personnes interrogées ont été rejetées par un partenaire sexuel, la moitié d’entre elles a renoncé à une relation sexuelle en raison de sa séropositivité. Un tiers des personnes évoquent des discriminations de la part d’ami(e)s. L’entourage des personnes séropositives (parents, enfants, fratrie) peuvent également faire l’objet de discrimination.
Les hommes font davantage l’objet de discrimination que les femmes. Deux tiers des hommes ayant indiqué un autre motif de discrimination que la séropositivité ont évoqué l’homosexualité.
La répétition d’événements discriminatoires conduit les personnes atteintes, par peur de se voir à nouveau discriminées, à des attitudes d’auto exclusion dans les domaines de la vie sociale et privée précédemment évoqués comme l’abandon de toute vie amoureuse et sexuelle. Elle conduit également près de la moitié des personnes à ne pas révéler sa séropositivité lors d’un rapport occasionnel.
Lorsque l’on devient séropositif, partager un repas, serrer un enfant dans ses bras, embrasser un ami, danser sur une piste, vivre une histoire d’amour, avoir une relation sexuelle protégée, peuvent devenir des situations problématiques…
* Connaissances, attitudes, croyances et comportements face au VIH/sida en France, ORS idf Novembre 2005.
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